mercredi 9 septembre 2020

Course contre l'Enfer - 1975 - Jack STARRETT

 

  

Titre original: Race with the Devil 

 Deux couples de paisibles partent en vacances en camping car. Ils vont croiser la route d'une secte satanique.

Une série B 70's réalisée par Jack STARRETT, habile artisan de l'exploitation, mais connu du grand public pour avoir été le shériff sadique du premier Rambo (celui qui se tue en tombant de l'hélicoptère). D'autres noms célèbres au générique: Warren OATES, collab' régulier de PECKINPAH, mais surtout Peter FONDA qui, après avoir joué les motards hippies tentait des rôles un peu plus convenable. Au scénario, on a droit à Lee FROST et Wes BISHOP, un duo qui s'attacha à livrer, avec plus ou moins de bonheur, divers produits pour le circuit des salles de la 42nd Street (Black Gestapo, Chrome and Hot Leather...).

Comme le budget n'est pas lourd, la structure du film est très simple et ressemble à 99% de la prod' bis: une scène choc au début, puis de la discussion et quelques rebondissements servant à meubler pendant une bonne partie du métrage. Lors du dernier acte, l'argent est dépensé dans une très efficace séquence d'action (malgré quelques raccords un peu foireux). Même si le rythme est parfois un peu lent, STARRETT sait instiller une atmosphère inquiétante dans cette Amérique profonde qui peut basculer en quelques secondes dans l'horreur pure: avec un simple plan sur un figurant ou un regard d'un acteur, le spectateur se sent traqué par cet ennemi invisible. 

Même si ce n'est pas un chef-d’œuvre, Course contre l'Enfer est sympathique et efficace série B. C'est un film qui témoigne de la façon dont l'horreur était filmée dans l'Amérique post-Vietnam: la peur ne devait plus venir d'une monstre sanguinaire ou d'un savant fou réfugiés dans des cryptes, mais d'individus lambdas vivant au grand jour.




 




dimanche 23 août 2020

Stone Cold - 1991 - Craig R. BAXLEY

  

Joe HUFF est flic en Alabama et a des méthodes plutôt expéditives. Accessoirement, il a une coupe mulet. Alors qu'il est suspendu trois semaines suite à diverses incartades, il se voit confier une mission par le FBI: infiltrer un dangereux gang de bikers qui projette d'assassiner un procureur.

Stone Cold a été réalisé par Craig R. BAXLEY, également responsable du sympathique Dark Angel (avec Dolph LUNGDREN). La tête d'affiche est Brian BOSWORTH, star du foot US (Linebacker pour les Seahawks de Seattle) qui tentait une carrière sur grand écran. Parmi les seconds rôles, on a William FORSYTHE en homme de main frappadingue et Lance HENRIKSEN en chef sadique (Y a même Paul TOCHA, ancienne star de films HK de ninja qui fait un petit coucou).

Au vu de ces éléments et du pitch, vous aurez compris que Stone Cold est une pure série B bien burnée! Il y a TOUS les clichés que l'on peut attendre de ce genre de film, absolument TOUS! Joe HUFF, c'est le flic bourrin et cool tel qu'on le concevait dans les 80's qui ferait passer Marion COBRETTI pour un Démocrate partisan du contrôle des armes. Stone Cold est un des derniers exemples d'actioner tel qu'on les concevait dans les 80's, avec ce mélange d'outrance, d'insouciance et d'opportunisme. C'est une tentative beaucoup trop tardive de lancer une nouvelle star bodybuildée censée concurrencer l’Étalon italien ou le Chêne autrichien. Le film a logiquement fait un flop car ringard dès sa sortie, mais depuis il semble avoir gagné un statut culte aux US.

Pour être honnête, si Stone Cold est sympathique, il ne s'agit pas non plus d'un chef-d’œuvre et reste très en-dessous en terme de WTF de films comme Commando ou Cobra. S'il comporte un lot assez conséquent d'énormités, il lui manque le petit quelque chose qui en aurait fait un sommet du genre. Le principal problème est Brian BOSWORTH qui, malgré un physique impressionnant manque clairement de présence et de charisme à l'écran (il faut dire qu'il n'est pas aidé par son invraisemblable mulet bicolore). Mais on ne s'ennuie pas, les scènes d'action sont efficaces, les seconds rôles sont en roues libres et le budget se voit à l'écran (25 M$, ce qui est une somme importante pour l'époque).

 


Un jeu assez rigolo que pratiquent les motards...


William FORSYTHE en mode roue libre

Une bonne petite baston dans un bar de bikers!




 Sans commentaires...


 

 

dimanche 14 juin 2020

Vice Squad - 1982 - Gary SHERMAN




Princess, une prostituée de Los Angeles, collabore avec la police afin qu'elle arrête un proxénète qui a tué une de ses amies. Celui-ci parvient à s'échapper et va chercher à se venger de celle qui l'a dénoncé.

Vice Squad est un bel exemple de film d'exploitation, avec ce qu'il faut de vulgarités et d'obscénités, mais fait avec suffisamment de talent pour être considéré comme un petit classique dans son domaine. Le mac tueur est interprété par Wings HAUSER, vétéran de la série B: il incarne ici une espèce de machine à tuer froide, cinglée et quasi-inarrêtable. Son personnage, qui rôde dans le Los Angeles nocturne du début des 80's, constitue un brouillon du futur Terminator (selon l'intéressante interview de JB THORET). Le film est surtout un prétexte à une exploration de la faune glauque et interlope de la Cité des Anges: tapins, pimps, michetons, gangs gays... L'ensemble est photographié par John ALCOTT (chef op' de KUBRICK sur notemment Barry Lindon) et est magnifique rendu à l'écran avec les néons se reflétant sur le macadam humide.

Attention, ne vous attendez pas à un chef-d’œuvre, on est assez loin de l'ambiance de Cruising. Ce n'est pas non plus Les Flics ne dorment pas la nuit pour la réflexion sur le rôle d'une police totalement dépassée par les évènements et ne servant qu'à colmater les trous. Vice Squad est avant tout une petite série B bien sympathique qui ne demande qu'à être redécouverte.























lundi 8 juin 2020

Massacre au camp d'été - 1983 - Robert HILTZIK




Titre original: Sleepaway Camp

Enfant, Angela a été victime d'un terrible accident de bateau qui fit périr son père et son frère. Quelques années plus tard, alors qu'elle a été recueillie par sa tante, elle part en camp de vacances avec son cousin. Mutique, elle est la cible des moqueries des autres adolescents. Mais un tueur rôde...

Massacre au camp d'été est un pur slasher produit à la grande époque du genre. A l'exception du tueur looké, il respecte globalement les codes (jeunes qui font la fête, meurtres sanglants, boogeyman ...). Pour être honnête, les 84 premières minutes sont correctes, mais souffrent de quelques défauts. L'interprétation de certains acteurs est bancale (d'ailleurs pas spécialement aidés par la VF), la mise en scène est banale malgré quelques scènes réussies et surtout il y a de grosses invraisemblances: comment imaginer qu'un camp de vacances pour jeunes adolescents où ont eu lieu quatre morts puisse continuer à fonctionner sans que les autorités interviennent? Certaines choses sont assez surprenantes dans un teenage movie (le personnage du cuisinier pédophile, la cruauté dont est victime Angela n'est pas sans rappeler le martyr de Carrie...), mais le résultat n'est guère plus qu'honnête. A la décharge du réalisateur, il s'agit d'un premier film et le budget semble avoir été très faible.

Puis arrive la fin, et subitement quelque chose change dans l'atmosphère du film. On ne comprend pas ce qui se passe jusqu'à la révélation finale, qui garde encore son impact de nos jours. D'ailleurs, Massacre au camp d'été fait partie de ces rares films dont l'impact est décuplé lors du second visionnage: quand on en connait les tenants et les aboutissants, l'histoire est encore plus horrible. Surtout qu'elle ne semble pas si invraisemblable (je ne parle pas de ce qui se passe au camp de vacances, mais des évènements qui ont précédés).

J'ignore si le film a eu du succès à l'époque, mais il est devenu culte par la suite. Robert HILTZIK n'a malheureusement pu capitaliser et faire carrière dans l'industrie du divertissement: Massacre... est son unique réalisation (à l'exception d'un remake/suite en 2009) et il s'est reconverti en juriste.


lundi 18 mai 2020

Le Couteau de Glace - 1972 - Umberto LENZI



Enfant, Martha a assisté à la mort tragique de ses parents lors d'un accident ferroviaire et en a perdu la parole. Devenue adulte, elle vit chez un de ses oncles. Une cousine, cantatrice, leur rend visite. Cela va être le début d'une série de meurtres.

Un giallo assez surprenant: j'ai pas réellement apprécié, mais j'ai pas non plus détesté. Il y a la trame et beaucoup d'éléments du sous-genre (l'histoire policière ténébreuse, la femme traquée par un regard, les meurtres qui s'enchaînent, l'atmosphère bourgeoise, la psychologie à deux balles...) mais cependant il manque des choses essentielles au genre (les meurtres sont filmés hors-champ et sont peu sanglants, le côté vulgaire et trash est absent...). Pour un film de LENZI, le ton est très peu racoleur et étonnamment soft.

Le film essaie d'avoir une atmosphère à la limite du fantastique, avec des moments assez proches du gothique. Certaines scènes sont tournées dans des lieux religieux (église, cimetière...) entourés de brouillard, on a presque l'impression de regarder un film de Lucio FULCI. Le domestique, une armoire à glace habillée de noir au visage anguleux, ressemble à s'y méprendre à un personnage d'un film de la Hammer. Comme dans tout bon giallo, on a droit à des fausses pistes et un rebondissement final, mais alors qu'habituellement le twist ultime s'avère souvent ridicule, dans Le Couteau de Glace il donne un autre ton au film.

C'est bizarre, je m'attendais pas réellement à ça. C'est un film particulier.

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Le film vient d'être réédité par l'éditeur Le Chat Qui Fume dans une très belle édition qui inclut la musique en CD. Comme d'habitude, il y a des bonus très intéressants avec deux interviews de LENZI et une autre de Jean-François RAUGER.