mardi 4 juillet 2017

God Speed You! Black Emperor - 1976 - Mitsuo YANAGIMACHI

Dans le Japon des années 70 en pleine croissance économique, les exploits d'un gang de motards, les Blacks Emperors.

God Speed You! Black Emperor est  un documentaire consacré à un phénomène japonais de gang juvénile: les Bõsõzokus. Un peu comme les blousons noirs français, il s'agit de jeunes désœuvrés, fortement influencés par la culture américaine, qui mènent une vie de marginalité et de petits combines. Les Blacks Emperors ne sont pas comparables aux gangs nord-américains de bikers: il ne s'agit pas de criminels aux casiers judiciaires lourdement chargés, mais de jeunes délinquants. La plupart ont abandonné l'école et ont quitté le foyer parental. La bande est pour eux un refuge. Ils ont adopté les codes des voyous: fraternité, lutte de territoire et enjeux dérisoires, respect du chef et haine des autorités. Ils vivent dans des banlieues qui n'ont rien à envier aux grands ensembles français et se prennent en pleine face la modernisation à marche forcée du Japon d'après-guerre dont ils sont exclus.

God Speed You! Black Emperor est le premier film de son réalisateur. Il a été tourné en noir et blanc en 16 mm, ce qui a deux conséquences.  Tout d'abord le film est visuellement assez moche, comme on peut le voir sur les captures écrans. Par contre, la légèreté de l'équipement permet de réaliser nombre de scènes en caméra embarqué: outre le caractère spectaculaire de voir des dizaines de motards prendre possession d'un Tokyo nocturne, elles montrent parfaitement ce qu'est un gang de Bõsõzokus.

Si le première est très intéressante, la dernière demi-heure est peu redondante. On sent que le réalisateur ne sait plus trop quoi filmer et qu'il a fait le tour de son sujet. Cependant, God Speed You! Black Emperor reste un témoignage instantané sur une sous-culture aujourd'hui en voie de disparition. Mitsuo YANAGIMACHI a fait le choix de filmer ces motards sans faire de sensationnalisme. Il a essayé de s'approcher d'eux pour les comprendre et montrer qu'il n'étaient pas que des loubards.









 




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